Archives de Tag: vieillesse

Bigoudi, Delphine Perret et Sébastien Mourrain

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Bigoudi

Delphine Perret et Sébastien Mourrain

Les fourmis rouges, 2014

Le hasard parfois fait bien les choses. Comme les tournées de bibliobus recommencent le mois prochain, je cherchais des albums à proposer aux bibliothécaires de mon secteur et au détour d’un rayonnage, je suis tombée sur cet album qui a eu un écho tout personnel.

Bigoudi est une vieille dame qui vit avec Alphonse son chien adoré à New York où elle a ses habitudes : le café de Luigi, le salon de coiffure d’Orlando, la boucherie de Georges, le cours de poterie avec Edna et le beau Bjorn, la salle de gym et les rendez-vous « thé-poker »….

Mais un jour, Alphonse rend son dernier souffle ce qui plonge Bigoudi dans un immense chagrin. Elle se rend compte qu’elle peut perdre tous ceux qu’elle aime et qu’elle ne veut plus jamais ressentir cette tristesse. Alors pour être sûr que ça ne recommence jamais, peut-être qu’il faut ne pas trop s’attacher, prendre de la distance, ne plus les voir. Et c’est ce qu’elle fait, jusqu’au jour où elle aperçoit un laveur de vitre à sa fenêtre…

Delphine Perret aborde un sujet difficile : le deuil, l’absence et comment un jour, on s’en remet. Le texte est subtil, sensible et souvent drôle et c’est là que réside la force de cet album, c’est bien le rire partagé qui sort Bigoudi de sa douleur.

Cette histoire si juste de Delphine Perret portée par les illustrations délicates de Sébastien Mourrain m’a touchée. C’est un gros coup de coeur !

Le site de Delphine Perret

Le blog de Sébastien Mourrain

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Classé dans Albums

Les vieux fourneaux, Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

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Les vieux fourneaux, tome 1 : Ceux qui restent

Scénariste : Wilfrid Lupano

Dessinateur : Paul Cauuet

Dargaud, 2014

« Les Vieux Fourneaux raconte les aventures de trois septuagénaires, amis depuis leur plus tendre enfance: Antoine, Emile et
Pierrot. Chacun a suivi sa route, chacun a fait ses choix, chacun a fondé (ou pas) une famille. Séquelles, souvenirs, fragments de
vies (presque) passées. Il reste pourtant à ces trois-là de belles choses à vivre, et une solide amitié chevillée au corps.
Les Vieux Fourneaux, à travers dʼincessants va-et-vient entre les années cinquante et les années 2010, raconte sur un mode
tragi-comique notre époque, ses bouleversements sociaux, politiques et culturels, ses périodes de crise. »

Après le western humoristique L’homme qui n’aimait pas les armes à feu dont le tome 3 vient de sortir et Ma révérence, une très bonne surprise conseillée par Juliette, Wilfrid Lupano m’impressionne encore avec une nouvelle BD intitulée Les vieux fourneaux.

Les vieux fourneaux, c’est Antoine, Mimile et Pierrot, trois vieux amis de longue date qui se revoient à l’occasion de l’enterrement de la belle Lucette, la femme d’Antoine. Juste après une conversation avec le notaire, Antoine prend son fusil et part sans donner aucune explication sous les yeux médusés de ses amis. Pierrot et Mimile apprennent alors qu’il est parti retrouvé son ancien patron, Garan Servier pour lui faire la peau. Ses amis se lancent alors dans une course-poursuite épique, drôle et survoltée en direction de la Toscane.

Que dire ? à part que le scénario est une vraie merveille. On sourit et on rit beaucoup à la lecture de cet album,  il y a des bons mots, des répliques excellentes à la fois cinglantes et touchantes. Le récit est parfaitement maîtrisé sans temps mort alternant passé et présent. Les personnages envoient du lourd pour des vieux, ils ont chacun leur personnalité, leur faille, leur histoire ce qui les rend irrésistiblement attachants. Le trait de Paul Cauuet les humanise et les magnifie, on voit sur leurs visages les joies et les drames de leur existence.

Et puis, une BD avec des héros vieux et drôles mais dont le sujet n’est pas directement la vieillesse, c’est rare, c’est audacieux et c’est un coup de coeur.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a une suite, le tome 2 est prévu pour octobre 🙂

Pour en savoir plus, voici une interview de Wilfrid Lupano et de Paul Cauuet :

 

 

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Classé dans BD adultes

La tête en l’air, Ignacio FERRERAS

indexLa tête en l’air : ma famille, mes amis, mes oublis…

Ignacio Ferreras

Bac Films, 2013

La tête en l’air est un film d’animation d’Ignacio Ferreras adapté de la bande dessinée de Paco Roca. Il aborde avec beaucoup de justesse et de délicatesse, le thème de la vieillesse et de son fléau : la maladie d’Alzheimer.

Alors, je ne vous dirai pas que c’est léger, que ça met de bonne humeur parce que cette maladie fait peur, parce qu’elle est incurable et qu’elle dépossède les gens de leur vie mais malgré la lourdeur du sujet, Ignacio Ferreras réalise un film à la fois poignant, drôle et poétique.

Il suit le quotidien d’Emilio dans sa nouvelle vie à la maison de retraite entre ses petites défaillances qui risquent de le précipiter à l’étage des « causes perdues » et son compagnon de chambre Miguel, sorte de parrain de la RPA, qui fera tout pour que ça n’arrive pas.

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La scène d’ouverture est particulièrement réussie et très émouvante : on voit un directeur de banque dans la force de l’âge, sûr de lui, qui refuse un prêt à un jeune couple.  Le jeune homme est furieux et s’adresse à son banquier en l’appelant « papa »… puis l’image se modifie, le décor change, le visage du directeur de banque vieillit et on le voit dans son lit refusant de finir sa soupe face à son fils et sa belle-fille, on comprend alors que l’esprit de ce vieux monsieur était parti bien loin dans ses souvenirs.

Le film ne sombre pourtant jamais dans le drame grâce à de petites échappées humoristiques : une dernière fugue, une improbable séance de gym et surtout les combines de Miguel. Ces moments volés à un quotidien monotone permettent de mettre à distance une réalité souvent grave et parfois cruelle avec beaucoup de fantaisie.

A noter : La première édition, aujourd’hui épuisée, de la bande dessinée de Paco Roca est parue en 2007 aux éditions Delcourt avec le titre Rides. Delcourt a réédité cette BD en 2013 avec le titre La tête en l’air.

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Classé dans Films d'animation adulte