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J’ai lu le dernier Musso…

Cela n’est pas un secret et sans vouloir faire des généralités, il se trouve que certains auteurs comme Marc Levy et Guillaume Musso n’ont pas vraiment bonne presse chez les bibliothécaires. Ils sont même souvent l’objet de petites blagues un peu condescendantes, à la fois sur les auteurs et sur les lecteurs aussi, osons le dire.

Pourtant je pense que, pas une bibliothécaire (et heureusement) ne ferait l’impasse sur l’achat du dernier Levy/Musso, déjà parce que dans certains bibliothèques, leurs livres totalisent la moitié des statistiques de prêt, l’autre moitié étant consacrée à Boissard/Bourdin…

Et puis, je m’interroge :

pourquoi ces livres plaisent à beaucoup, beaucoup de gens mais rarement aux bibliothécaires ? Ne serait-on pas tout à fait en phase avec notre public ? Le bibliothécaire a-t-il un niveau intellectuel tel qu’il ne s’abaisse pas à lire ce genre de « littérature »,  a-t-on réellement besoin de se dire « ok, j’achète un Musso mais c’est pour amener le lecteur à lire autre chose », un R3 par exemple (On appelle Roman de niveau 3, les romans dits littéraires, difficiles, d’un niveau de lecture exigeant, pas à la portée de tout le monde quoi !). Bon, je caricature volontairement mais je ne pense pas être très loin de la vérité.

Alors, peut-être par curiosité/désœuvrement/esprit de rébellion/ et parce que je n’ai pas envie que mon métier soit de juger les lectures des gens, j’ai décidé de lire le dernier Guillaume Musso pour me faire mon idée, pour savoir de quoi on parle et le cas échéant remettre en cause pratiques et opinions professionnelles (oui parce que moi aussi, j’ai bien dû faire une fois ou deux une petite réflexion sur le tandem Levy/Musso…).

 

index Central Park, Guillaume Musso

XO éditions, 2014

Alice, une jeune flic parisienne et Gabriel, un pianiste de jazz se retrouvent menottés l’un à l’autre en plein coeur de Central Park sans avoir aucun souvenir de ce qui leur est arrivé. Ils ne se connaissent pas et vont devoir tenter de comprendre ce qui se passe ensemble, pourquoi le chemisier d’Alice est tâché de sang et pourquoi il manque une balle dans le chargeur de son arme…

 

Autant le dire tout de suite, j’ai dévoré ce livre. Guillaume Musso maitrise parfaitement le rythme de son intrigue avec tout le suspense et les rebondissements qu’il faut. Je ne m’attendais pas à ça, je pensais trouver une bluette mièvre sur un petit fond de fantastique et j’ai trouvé un thriller psychologique captivant. Le personnage d’Alice est particulièrement attachant entre force, fêlures et doutes. Les flashbacks sur son histoire la rendent plus fragile, plus humaine. Sa relation avec Gabriel est ambiguë, comme elle, on ne sait pas si on peut lui faire confiance ce qui maintient un état de tension tout au long de la lecture. J’ai apprécié que l’enquête se passe à New York, la description de Central Park, le nom des rues et des quartiers avaient une résonance particulière, ça m’a rappelé un chouette voyage que j’ai fait l’année dernière.

Bref, j’ai lu du Musso (et j’en relirai).

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Classé dans Romans